Temps

On parle on parle, mais dis donc, pourquoi pas mettre tout ça sur papier? Bon ok sur écran. Hop c’est parti!

Cette fois, c’est Aurélie qui va jaser de sa vie, ou même de son rapport au temps. Alors oui, j’avais déjà évoqué vite vite le sujet dans l’article « Cuisiner », mais c’est un thème que l’on peut tellement malaxer, y penser et y repenser qui, mine de rien est la pierre angulaire de..eh bien pas mal de choses (CQFD)! On ne va pas aller dans la psychologie de comptoir, juste se permettre d’y réfléchir tranquillement.

Puis je vous parlerai de la question que TOUT LE MONDE se pose (si si), pourquoi quand on voit « fait à la main » tout semble soudain trop cher? Le temps..c’est vraiment de l’argent?

On se  retrouve après!

Le temps

Prendre son temps/ ralentir le rythme ( rouler à vélo, au rythme d’une calèche tirée par un cheval)

Avant de quitter ma vie parisienne, je n’avais jamais réfléchi à cette notion. Et pour cause je courais après le temps. Je n’avais plus le temps, ou pire, il ne fallait pas que je le perde !! Alors je n’avais pas le temps de faire attention à ce temps qui passe… Je n’avais pas le recul nécessaire.
C’est en revenant à la campagne que je me suis rendu compte que mon rapport au temps avait changé.
J’ai décidé d’arrêter ce train train quotidien infernal dans lequel je m’étais lancée, et je suis venue m’installer dans une petite maison au bord d’une forêt. Là il n’y avait plus  personne pour me presser . Je n’avais plus d’obligations professionnelles non plus. Ce qui allait de pair dans mon boulot. Il fallait être efficace. Faire le maximum de choses en un minimum de temps. Et finalement la qualité du travail n’avait plus vraiment d’importance.
« Prendre son temps ! » C’est tout d’abord se dire que pour réaliser une chose il faut un temps imparti; Que si l’on arrive à le faire plus rapidement que prévu, c’est peut être qu’on a oublié quelque chose, que ce n’est pas fini ou pire, que c’est mal fait, qu’il y a des erreurs et qu’il manque des choses… Et alors ? Sommes-nous satisfaits? Reconnaissants de notre travail ?
J’ai remarqué que certaines tâches du quotidien étaient des corvées et restaient désagréables si l’on ne prenait pas le temps de les faire. Pleins d’exemples me viennent en tête. Le brossage de dents pourrait être un moment très agréable ou même, soyons fou, étendre son linge ou faire la vaisselle… J’ai même remarqué qu’une tâche que je déteste faire, comme passer l’aspirateur, peut devenir supportable si l’on prend le temps de le faire. Avant de réaliser cela, je me cognais partout, l’aspirateur ne me suivait pas où je voulais, il butait dans des objets, les faisait tomber etc. Le bruit me devenait insupportable et je finissais très énervée. Aujourd’hui j’essaie de faire les choses le plus calmement possible. Alors oui, ça prend presque le double de temps, mais je ne souffre plus et je ne m’énerve plus tant sur des tâches quotidiennes.
J’ai donc aujourd’hui l’intention de ralentir le rythme de mes journées. Je souhaite en faire moins mais mieux. Me donner à fond dans ce que je fais, dans le moindre geste du quotidien. Ce qui m’évite alors de casser ou d’abîmer les choses. On peut y voir ici une économie qui est faite, sur le ralentissement de l’usure des objets et de moi même !

Perdre son temps (notion de notre société)

Je fais également attention de ne jamais dire et penser que « j’ai perdu mon temps » à faire telle ou telle chose. Il est important pour moi d’oublier l’idée que le temps peut se perdre ! Tous moments de calme et de non-action, ou d’actions qui n’aboutissent pas au but escompté, représentent du temps vécu. Je ne veux pas regretter le temps du passé. On a souvent l’habitude aujourd’hui que tout aille vite, que tout soit instantané. Si je veux « ça », je prends ma voiture et je vais dans un magasin l’acheter… Et si jamais je prends mon vélo finalement pour y aller ? Ou piiiiire, si jamais je prends le temps de fabriquer l’objet de mon désir !? Ça me prendra des heures, plutôt que quelques minutes, mais est-ce que j’aurai perdu mon temps ?

Faire sois même/ne pas laisser les autres faire (tricoter, bricoler etc.)

Et voici mon idée de faire le maximum de choses moi même, pour contredire ce monde où tout nous tombe tout cuit dans le bec ! Je veux  prendre le temps, et ce sera alors la plus grande partie de mon temps que j’accorderai à la création… J’ai réalisé le bonheur que cela procure de se rendre compte que l’on est capable de faire nous même et de connaître le temps qu’il faut pour réaliser telle ou telle chose. Tout prend sens et prend de la valeur. Cuisiner, coudre, tricoter, bricoler, réparer… Nos grands parents avaient bien plus de connaissances que nous aujourd’hui et j’aimerais que ça change. Je ne veux pas devenir la génération incapable de se débrouiller seule, dépendante de ces magasins et du tout fabriqué.
Alors oui c’est vrai, beaucoup me disent que j’en ai de la patience, qu’eux même n’ont pas le temps de faire tout ça… Mais finalement, le temps que l’on passe à travailler permet d’avoir un salaire qui permettra d’acheter ce que moi j’essai de fabriquer. C’est du temps passé. Je choisis le mien.

Attendre/patienter/imaginer
Ne rien faire/s’ennuyer/

Il n’est pas rare de nous entendre dire « je n’ai pas le temps » et pourtant c’est finalement nous qui pouvons décider si nous l’avons ou pas. C’est sûrement des choix à faire car une journée, ça ne changera sans doute pas, est composée de 24h. Alors ces 24h il faut les organiser. Il faut s’accorder des moments de pauses et de détente. Et là, on a beau dire « qu’on n’a pas le temps », mais pourtant c’est bien ça qui nous fait vivre. Si jamais nous ne nous accordons plus de pauses, il est impossible de recharger nos batteries. Il n’est alors plus possible d’être efficace sur nos moments d’action. C’est technique, on n’y peut rien. Alors prenons le temps de dormir, souffler, être inactif …

Aurélie Latitbit

Comme le dit plus haut Aurélie, fabriquer le plus de choses possible par ses propres moyens est une très bonne idée! Cela crée un lien émotionnel et particulier avec l’objet ( une valeur personnelle ), contrairement au même article fabriqué en usine.

Il se peut aussi que nous choisissions de ne pas fabriquer tel ou tel objet pour plusieurs raisons. Par exemple si l’on manque de connaissances ou de capacités techniques. C’est alors que l’on cherche à se le procurer autrement.

Lorsqu’on décide de faire plus attention à sa manière de consommer, on pense alors aux friperies ou à « acheter local ». Réduire les transports et les intermédiaires, vous avez surement déjà entendu parler de tout ça. Et en parlant de réduire les intermédiaires, quoi de plus direct que de faire affaire avec les artisans locaux?

Oui mais voilà, pourquoi aller acheter une paire de chaussettes ou un bol en bois 2 ou 3 fois plus cher que dans un grand magasin?

Il y a beaucoup de très bons arguments pour cela:

-On sait qui a fabriqué, avec quels matériaux et que les conditions de travail sont bonnes.

-On veut encourager les artisans locaux à fabriquer des objets qui dureront dans le temps, ici pas d’obsolescence programmée! Qui dit artisan de métier dit savoir faire, sauvegardons le.

-Pouvoir communiquer directement avec le fabricant pour des questions ou d’éventuelles réparations, c’est rassurant et ça permet de ré-humaniser les relations avec les fournisseurs de service 

-En achetant chez un artisan du coin, il ira lui même avec l’argent gagné, faire vivre les autres artisans ou commerces des environs. Cela  favorise la vitalité de la communauté.

-Acheter moins mais de qualité, c’est plutôt pas mal! Entre devoir racheter 6 fois la bibliothèque Billy chez ikéa ou 1 fois une bibliothèque unique et durable chez l’ébéniste du coin…Le choix est vite fait.

Pourquoi c’est plus cher à l’achat?

Bien sur, il y a ce rapport au temps, on y revient! Même si l’artisan en question s’équipe pour réussir à fabriquer en mini séries, tout reste fait à la main. Et ça, ça prend du temps.

Lorsque l’on décide de faire un travail contre un salaire, nous sommes bien souvent payés à l’heure. C’est pareil pour les artisans. Et si l’artisan en question décide de suivre une éthique responsable en choisissant respectueusement ses matériaux, cela aussi a un coût. Ce coût étant lui-même en lien avec le temps passé à l’élaboration et à la fabrication de ce matériau.

L’artisan a aussi des frais 

En plus de tout ça, l’artisan doit penser à payer ses frais d’atelier et d’électricité s’il se sert de machines. Si vous allez vous balader dans les marchés artisanaux, pensez qu’il y a aussi un coût pour la location d’une table, de même pour une boutique…Et j’en passe!

Si l’artisan ne prend pas tous ces éléments en compte, il vendra à perte, et ne pourra pas vivre de sa profession. Alors oui, lorsque l’on parle métier contre salaire, le temps est forcément lié à l’argent. Mais aussi dans le sens du consommateur!  Celui-ci aura en effet payé plus cher à l’achat, mais son achat durera dans le temps.

Préférer un artisan local à un gros centre d’achat, c’est gagner son temps, son énergie et son argent pour des objets durables et fabriqués dans de bonnes conditions. Comme dirait l’autre: J’suis trop pauvre pour ach’ter cheap!


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